Veillée de Noël dans la Paroisse Notre Dame de la Valloire
 


voici le texte de l’homélie de la Veillée de Noël dans notre Paroisse

Aujourd’hui, un sauveur nous est né, c’est le Christ, le sauveur.
Ce que nous fêtons cette nuit est bien plus qu’une simple commémoration d’un événement passé qui n’aurait aucun impact sur notre vie d’aujourd’hui. Noël n’est pas non plus une simple parenthèse, une trêve dans le marasme actuel de la société. Non, la venue du Christ parmi nous il y a 2000 ans est toujours actuelle, Dieu continue de demeurer parmi nous !

Il s’est fait l’un de nous, parce qu’il prend au sérieux notre humanité. Notre Salut ne réside pas dans une libération progressive de ce qui fait de nous des êtres humains, notre vie chrétienne n’est pas la fuite de ce monde, quand bien même il parait souvent violent et sans espérance. Non le Verbe de Dieu est venu parmi nous, il a pris notre humanité pour que nous puissions enfin répondre à notre vocation commune : entrer dans l’intimité de la vie avec Dieu, non pas seulement demain, et dans un autre monde, mais dès aujourd’hui, dans le concret de notre vie.

C’est le cadeau que nous fait Dieu ! Saurons-nous le recevoir ?

Le monde actuel n’a pas grand-chose à envier par rapport à celui du temps du Christ ! Marie met au monde son fils, dans une mangeoire, « car il n’y avait pas de place dans la salle commune ».

Comme hier, le monde prétend pouvoir vivre sans Dieu, ou tout au moins soutient qu’il n’y a pas de place pour Dieu. Le Fils de Dieu est contraint de naitre dans le dénuement, en dehors de toute structure. Mais ce refus de Dieu, n’est pas seulement le fait des autres, ou de notre société qu’il est si facile de condamner !

Ce rejet de Dieu est peut-être aussi notre propre refus. Sans doute pas un refus radical, permanent, mais au moins occasionnel ! Lorsque Dieu s’invite dans notre vie, dans nos pensées, sommes-nous toujours prêts à l’accueillir, à être dérangés ? Bien souvent, lorsque Dieu nous parle nous ne l’entendons ni ne l’écoutons, notre salle commune intérieure, est gavée, saturée, par nos soucis, nos préoccupations, nos activités et nos loisirs, et nous manquons bien souvent les rendez-vous de Dieu qui pourtant jamais ne se lasse de nous aimer.

Mais comme Marie et Joseph, le Seigneur ne force pas la porte. La salle commune est fermée, le Christ nait ailleurs, dans d’autres conditions, et rien n’empêchera que la nouvelle de sa naissance retentisse.

Vous me pardonnerez cette référence un peu triviale, mais ça me fait penser à un album de Lucky Luke, la diligence, dans lequel la compagnie de transport, la Wells Fargo essaye de montrer que rien ne peut empêcher ses diligences de passer, rien ni les intempéries, ni les gangsters du Far West, ne pourront l’arrêter : la Well Fargo passe toujours !

De même, rien n’empêchera la bonne nouvelle de Noël de résonner ! Nos propres tiédeurs en revanche nous empêcheront de l’entendre et de vivre ce à quoi Dieu invite chacun d’entre nous, vivre une amitié profonde avec le Christ. En ce soir de Noël, où nous fêtons la venue du fils de Dieu en notre humanité, demandons la grâce de vivre, ou revivre cette rencontre personnelle avec le Christ qui seul peut combler notre vie.

Demandons à Dieu cette grâce pour nous-même mais aussi les uns pour les autres. Le Seigneur comble les cœurs de ceux qui se tournent vers lui, comme il a comblé ce peuple qui marchait dans les ténèbres et qui a vu se lever une grande lumière. Il suffit de le désirer et au milieu de ce tumulte de la vie, faire silence intérieur dans notre cœur, à l’image de St Joseph !

Dieu n’a pas envoyé son fils pour sauver seulement les chrétiens qui se rassemblent cette nuit de Noël, Dieu voit bien plus grand. Comme le dit Saint Paul à Tite, « bien aimés, la grâce de Dieu s’est manifestée pour le Salut de tous les hommes ».

Dieu compte sur nous pour proclamer cette bonne nouvelle ! Dieu nous invite à être témoins de l’espérance dans un monde qui en a tant besoin. S’il marche dans les ténèbres, s’il ne sait plus où il va, s’il s’enlise dans les conflits politiques et sociaux, notre témoignage en est encore plus urgent !

Ne volons donc pas l’espérance des hommes, ne les privons pas de cette bonne nouvelle, mais hâtons-nous de leur partager notre joie !

Frères et sœurs, je vous propose un petit défi, pour participer à cette annonce, pour nous réjouir avec toute la création de la venue du Christ, dans les jours qui viennent téléphonez, ou rendez visite à une ou deux de vos connaissances qui ne partage pas notre foi, pour leur témoigner de la joie de cette fête de Noël, non pas seulement en échangeant votre recette sans doute excellente de votre bûche de Noël aux marrons, mais pour un témoignage de foi, dont l’excès ne risque pas de conduire à la crise de foie ! Retour ligne automatique
Il suffit par exemple de dire que vous étiez à la messe, et signifier ce que représente pour vous cette fête.

A l’image des bergers, qui racontèrent partout ce qu’ils avaient vus et entendus, entrons dans cette joie de Noël que nous vivrons vraiment dans la mesure où nous la partagerons !

Comme le dit le psalmiste, « De jour en jour proclamez son Salut, racontez à tous les peuples sa gloire ! » Amen.
Florian MEIGNIE diacre du diocèse de Valence






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