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le 1er dimanche de l’Avent
Le nouveau « Notre Père...
 

Présentant à la presse le nouveau « Notre Père », qui entrera en vigueur dimanche 3 décembre,Mgr Guy de Kerimel, président de la Commission épiscopale pour la liturgie et la pastorale sacramentelle, a souligné combien cette nouvelle traduction était attendue.

Les fidèles diront désormais « Ne nous laisse pas entrer en tentation », ce qui évitera la compréhension erronée d’un « Dieu qui tente les humains ».
Le 3 décembre, premier dimanche de l’Avent, une nouvelle traduction du Notre-Père entrera en vigueur dans toute forme de liturgie.

Qu’est-ce que change la nouvelle traduction du Notre Père  ?

La prière du « Notre Père », enseignée par Jésus lui-même à ses disciples, est commune à tous les chrétiens. Elle a été composée à partir des évangiles, en grec, de Matthieu (Mt 6,9) et de Luc (11,2).
Après l’adresse à « Notre Père qui es aux Cieux », Jésus invite à Lui exprimer sept demandes. La nouvelle traduction concerne uniquement la 6e demande.
Selon Mgr Guy de Kerimel, ce verset est « très complexe » à traduire. Les exégètes estiment que le verbe grec « eisphérô » (Mt 6,13), qui signifie littéralement « porter dans », « faire entrer », devrait être traduit par « Ne nous induis pas en tentation » ou « Ne nous fais pas entrer en (dans la) tentation », ou encore « Ne nous introduis pas en tentation ».

Pourquoi a-t-on décidé cette nouvelle traduction  ?

Avant 1966, la 6e demande était traduite par « Ne nous laisse pas succomber à la tentation » – qui était proche de la formule latine « Ne nos inducas in tentationem ». Mais la version adoptée en 1966, à la suite d’un compromis œcuménique signé dans la foulée du concile Vatican II, a rapidement fait apparaître un problème d’un point de vue théologique à propos de la sixième demande.
En effet, la formulation « Ne nous soumets pas à la tentation » laisse supposer une certaine responsabilité de Dieu dans la tentation qui mène au péché, comme s’il
pouvait être l’auteur du mal. Certains comprenaient que Dieu pouvait tenter les humains, les éprouver en les sollicitant au mal. « Pour sortir de l’ambiguïté, les traducteurs ont proposé "Ne nous laisse pas entrer", qui garde la notion de mouvement du texte grec », explique encore Mgr de Kerimel.

Quand entrera en vigueur la nouvelle traduction du Notre Père  ?

les évêques de France ont décidé, lors de leur Assemblée plénière de mars dernier, d’une entrée en vigueur de la nouvelle traduction du Notre Père le 3 décembre, lors du premier dimanche de l’Avent qui marque le début de la nouvelle année liturgique.
La date unique d’application de cette nouvelle traduction « dans toute forme de liturgie publique » signe l’ecclésialité de la démarche. D’autres Églises francophones ont précédé cette date : en Belgique et au Bénin, le nouveau « Notre Père » est entré en vigueur à la Pentecôte 2017.
L’Église protestante unie de France (EPUdF), qui réunit luthériens et réformés, a elle aussi validé ce changement, lors de son synode national du printemps 2016.
Claire Lesegretain - la Croix Urbi et Orbi du 15 novembre






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