Faire un pélerinage aujourd’hui ?
 

Le pèlerinage est une tradition spirituelle que l’on trouve dans l’histoire de presque toutes les religions principales : Le voyage à la Mecque, un des cinq piliers de l’Islam Bénarès, le "Lotus du monde", voyage sacré de la religion hindouiste Et dans la tradition chrétienne, Jérusalem, Rome, St Jacques de Compostelle, et tous les lieux consacrés à Marie, entre autres

Les premiers pèlerins associés à la foi chrétienne ont été sans doute les Mages, les “trois hommes sages” qui, selon l’Évangile de Matthieu, ont voyagé vers Bethléem, guidés par une étoile. Leur histoire contient certains des éléments classiques du pèlerinage.

Et aujourd’hui ?
Les pèlerinages se portent bien, la tendance s’affirme depuis plusieurs années déjà. Emblématiques, les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle continuent d’attirer les foules. Les pèlerinages classiques affichent aussi une bonne santé : le sanctuaire de Lourdes accueille toujours six millions de pèlerins chaque année venus du monde entier, et les tour-opérateurs spécialisés confirment le retour progressif des croyants en Terre Sainte. Les itinéraires « jeunes » ne sont pas en reste : le pèlerinage des étudiants à Chartres, dont la fréquentation s’était effondrée dans les années 70-80, réunit chaque printemps 3 000 jeunes.

Pèlerinage et tourisme
On se pose souvent la question de la différence entre le tourisme et le pèlerinage. Nous pensons au tourisme, comme à une activité de loisirs, tandis que le pèlerinage est quelque chose de plus sacré et de plus ambitieux. Dans nos voyages personnels vers des lieux de pèlerinage, nous sommes peut-être les deux à la fois, pèlerins et touristes. Tour à tour voyageur du spirituel, puis voyageur attiré par les loisirs ou la simple curiosité.

Les chercheurs de sens
Pour près d’un Français sur deux, l’image du pèlerin est plutôt celle d’un « aventurier de la foi », « chercheur de Dieu » et/ou « chercheur de sens ». (enquête du Journal le Pèlerin en 2004)
On n’observe pas tant un “boom” des pèlerinages qu’un changement de style des pèlerins, explique H. Debbasch organisateur de pèlerinages. Le public mêle de plus en plus « croyants fidèles et gens en recherche. » Beaucoup préfèrent vivre les pèlerinages à l’écart des institutions. A Lourdes, 87 % des pèlerins viennent en individuels, hors de tout encadrement diocésain ou associatif.

Quelles motivations ?
Le pèlerinage s’est particulièrement développé au Moyen Age ; dès cette époque, et comme maintenant, les motivations sont multiples : voir les décors de la vie du Christ ou d’un saint, prier les saints et vénérer leurs reliques, obtenir une faveur, en particulier une guérison, accomplir un vœu ou remercier d’une grâce, démarche de foi personnelle ou en communauté, ou tout simplement curiosité intellectuelle ou historique.
Alors que le pèlerinage de Compostelle est typiquement une démarche intérieure, un voyage culturel et une épreuve physique, le pèlerinage de Lourdes est d’abord une espérance pour tous les grands malades, motivée par le nombre important de guérisons physiques ou spirituelles déclarées par les participants.

Pèleriner, c’est quoi ?
On ne trouve pas ce verbe dans la langue française : « pèleriner ». Mais il évoque bien la requête d’un nombre croissant de personnes en recherche, en mouvement, en quête de sens et d’identité, dans un monde caractérisé par la mobilité des individus, la pluralité et la surabondance des repères, par le foisonnement des croyances sur mesure et des remises en question permanentes. Des gens par milliers foulent les routes, les sentiers et les lieux de pèlerinage. Ils marchent avec leur tête, leur cœur et leurs pieds en quête de cette intériorité ; où chacun peut échanger avec un autre marcheur, un autre quêteur de vie spirituelle ; où il peut converser avec Dieu.
« Pèleriner » c’est faire son sac, prendre sa « pèlerine » et son bâton, et se mettre en marche, c’est sortir de ses habitudes, c’est prier avec son corps, avec ses pieds, c’est aller à la rencontre des autres, et à la rencontre de Dieu.
On peut pèleriner loin ou proche de chez soi ... pour un jour, une semaine ou trois mois, y aller à pied, en vélo, en train ou en avion ... ce qui compte c’est la démarche, qu’elle soit humaine ou/et spirituelle.






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